Le ciel est menaçant, le baromètre en berne.
Les feuilles du bouleau s’en vont vers leur destin.
Mini soleil voilé dans le petit jour terne,
Le globe de la rue n’est pas encore éteint.
De gros nuages gris ont fait pleurer les roses,
Si bas qu’on les dirait à portée de la main.
Journée sans embellie, paysage morose,
Il en sera ainsi au moins jusqu’à demain.
C’est le moment rêvé pour couper le portable,
Sans rendez-vous prévus, sans horaire établi.
Pour paresser enfin sans se sentir coupable,
La grisaille du temps, quel meilleur alibi ?
Oublier tout un jour orages, violence,
Vivre en marge de tout, loin du monde et du bruit,
Assouvir sans témoin, ce besoin de silence
Si pesant quelquefois, si propice aujourd’hui.
Savourer à loisir l’exquise solitude,
N’avoir rien à penser, personne à recevoir,
Calme plat de l’esprit, douce béatitude,
Quiétude du cœur, si prompt à s’émouvoir.
Si d’aventure, ami, du paisible ermitage,
Vos pas toujours pressés empruntent le chemin,
Sur la porte d’entrée, vous lirez ce message,
« Pas visible aujourd’hui, à vous revoir demain ».
Renée
Jeanne Mignard