Il va se
brûler les ailes,
Le papillon
mordoré
Qui danse
dans la tonnelle
Autour du
globe doré
Se sont endormies, les roses
trémières.
L'eden odorant cache ses
trésors.
Ebloui, grisé, ivre de
lumière,
Le bel imprudent tourbillonne
encor.
Au bord de l'étang, qui dort à
la brune,
Les saules pleureurs bruissent
doucement.
Ecrin de velours au croissant de
lune,
L'azur étoilé peint ses
diamants.
Généreux été, merveilleuse
offrande,
Nirvana du corps sevré de
désirs.
Enfin apaisé, le coeur ne demande
Qu'à se souvenir des nobles
plaisirs.
Quand aux premiers temps de
notre naissance,
Chaque aube nouvelle était un
cadeau.
Quand dans les années de la
connaissance,
La vie s'écoulait comme frais
ruisseau.
Il s'en est allé le bonheur
fugace.
Soudain mon destin te fut
étranger.
Personne depuis n'occupe ta
place
Sur le banc de bois, près de
l'oranger.
L'ombre peu à peu gagne toute
chose,
Fait de mon jardin un monde
irréel.
Au couchant,là-bas, des nuages
roses,
Avant de sombrer embrasent le
ciel.
La nuit tout à coup étreint la
tonnelle
Que le papillon vient de
déserter.
Le bel imprudent s'est brûlé les
ailes,
Comme je l'ai fait, un beau soir
d'été.
Renée
Jeanne Mignard