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Dunes dans l'espace - Huile de Pierre Coutreau http://www.coutreau.net
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La levée du jour - Huile sur canevas d' André Julien www.lepinceaudart.ca
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Le ruisseau
Dans le champêtre berceau De la campagne fleurie, Le joli petit ruisseau Va dans la verte prairie.
Son onde limpide et sage Qui gazouille doucement Emporte la fleur sauvage Qu’il berce inlassablement.
La libellule légère S’attarde sur un roseau. Le soir venu, la bergère Y fait boire son troupeau.
Autrefois, la lavandière, Dans la rosée du matin, Au courant de l’onde claire Rinçait son jupon de lin.
L’agnelet de La Fontaine, Pauvre innocent égaré, Sans craindre sa fin prochaine, Pourrait s’y désaltérer.
Quand vient la fin de l’automne, Quand décembre est décevant, Son eau se ride et frissonne Sous la morsure du vent.
Mais malgré le temps qui passe, Les bons ou les mauvais jours, Tout ce qui vit et trépasse, Le ruisseau coule toujours.
Même si son aventure A la rivière prend fin, Dans son berceau de verdure, Il s’en va vers son destin.
Renée Jeanne Mignard
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L' Indre dans le brouillard - photo de Renée Jeanne Mignard
 L' Indre sereine - photo de Renée Jeanne Mignard
Février
Aujourd’hui, tout est flou, noyé dans la grisaille. Le brouillard s’est levé, mais il s’attarde encor. Les oiseaux sont muets, gîtent vaille que vaille, Février se languit dans ce morne décor.
Le hêtre dénudé n’est plus que noir squelette. Plus un seul rameau vert, plus une feuille au cœur. On dirait que le ciel lui caresse la tête. Les nuages sont bas dans ce jour sans lueur.
Au hasard des sentiers de la forêt qui tremble, L’automne a défeuillé le chêne, le bouleau. Sur la berge de l’Indre où nous allions ensemble, Des corbeaux affairés piètent au bord de l’eau.
L’eau qui coule, sereine, emportant avec elle Les rêves du printemps, les espoirs de l’été. Le souvenir de nous, notre amitié fidèle, Et l’écrin de tes bras pour mon cœur tourmenté.
Un rayon de soleil a percé les nuages. A l’horizon le ciel ouvre ses yeux d’azur. Je sais que très bientôt, comme un heureux présage, L’hirondelle viendra nicher dans le vieux mur
Renée Jeanne Mignard
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Sonnet à la ville endormie
Que c’est mystérieux une ville qui dort, Fenêtres volets clos, ses ruelles désertes, Le silence profond de ses maisons offertes Au regard du rôdeur, qui jamais ne s’endort.
Pourtant on veille encor dans le bistrot du port Où l’on chante, où l’on boit à futailles ouvertes. Le marin qui se livre aux caresses expertes Sera pauvre demain, mais bénira son sort.
Le passant attardé qui pour rentrer se presse, Ne sait pas que déjà, la nuit enchanteresse Etend sur la cité son manteau de velours.
Jusqu’à l’éveil d’Eos, qui déchire ses voiles, Neuve chaque matin, recommencée toujours, La ville va bercer ses myriades d’étoiles.
Renée Jeanne Mignard
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Féerie
Au cœur de la forêt, sous la voûte étoilée, On peut voir dès minuit s’avancer une fée. Les hôtes des sous-bois s’y donnent rendez-vous. Madame la hulotte et Monsieur le hibou, Installés tous les deux sur un arbre qui penche, Attendent dès le soir, et sur la même branche, Le spectacle charmant et l’image très douce, De ces petites fées tournoyant sur la mousse.
Elles ont robes d’or, et roses sur la tête. A petits cris joyeux, du bout de leur baguette, Comme pour annoncer du printemps le retour, Changent en un clin d’œil le décor alentour.
Le sapin rabougri se redresse, scintille. Le grand chêne noueux de frais bourgeons s’habille. Le corbeau sait chanter, et cet oiseau maudit Devient en un instant oiseau de paradis. La taupe voit enfin, vole avec libellule, Et les petites fées dans leur robe de tulle, Eveillant les échos de leur rire argentin, Sont partout à la fois, de minuit au matin.
« Un peu de poudre d’or sur le grand marronnier. Des perles de rubis aux branches du mûrier. Faisons de l’arbre mort un beau Prince charmant. De Madame souris la belle au bois dormant. Accordons au crapaud une vraie nuit d’extase, Au cheval claudicant les ailes de Pégase. Que soit vide toujours le sac du braconnier, Et que Jeannot lapin danse dans son terrier" Entraînant leurs amis dans une ronde folle, Les fées aux pieds légers dansent la farandole.
Mais le coq a chanté. Son bref cocorico, De ce monde hors du temps vient de troubler l’écho. Et la déesse Eos, de ses doigts lumineux, A fait fuir les acteurs du rêve merveilleux. La forêt redevient sombre, silencieuse. Dame Lune là-haut, blanche, mystérieuse, Spectatrice comblée de cet acte d’amour, Va refermer les yeux pour ne plus voir le jour.
Adieu donc farfadet, lutin et ver-luisant. Adieu non, au revoir,car dès le soir tombant, Je vous retrouverai à la fontaine claire, Au royaume si beau, si extraordinaire, Quand sur l'herbe du bois,sous la voûte étoilée, Je verrai dès minuit s'avancer une fée.
Renée Jeanne Mignard
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Le lavoir
Jadis, le mollet vif, la réplique maligne, Devisant ou chantant tout le long du chemin, Elles allaient porter, par le champ et la vigne, Leur panière de linge au lavoir du moulin.
Elles s’agenouillaient sur les méchantes planches Savonnaient et brossaient à gestes généreux, Riaient et jacassaient en retroussant leurs manches Le battoir bien en main rythmant leurs cris joyeux.
Tandis qu’elles rinçaient camisole ou corsage, Qui dans l’onde claquait ainsi que voile au vent, Elles riaient plus fort en penchant leur visage Qu’elles voyaient flotter dans le miroir mouvant.
Devant l’eau qui moussait, devenait opaline, Tordant le caraco de coton ou de lin, Pouvaient-elles penser alors qu’une machine Condamnerait un jour le lavoir du moulin.
Il en existe bien dans quelques coins de France Que touriste zélé se plaît à découvrir. Mais ces lieux qui vivaient ne sont plus que silence. Il n’en subsiste plus qu’un lointain souvenir.
Renée Jeanne Mignard
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La chapelle oubliée
Dans un hameau perdu, au cœur de l’ Indre et Loire, Cachée dans l’aubépine et les buissons de houx, A l’écart des grands noms et des chemins de gloire, Je sais une chapelle abandonnée de nous. Il y a bien longtemps que les gens du village Ont oublié les pas qui les menaient ici. Bien longtemps que porteur de la parole sage, Le pasteur n’est venu rassurer ses brebis.
Le silence est cruel dans la nef endormie Que parfumait jadis la fumée de l’encens, D’où montaient vers le ciel les hymnes à Marie. Le vieil harmonium est muet à présent. Sur le bord d’un prie-Dieu un missel est couché. Le confessionnal qui ne sert plus à rien Garde le souvenir du coupable péché Qu’on venait chuchoter, chapelet dans la main.
Les promis de l’année y venaient s’épouser. La messe de minuit était fervente, belle, Et près du nouveau-né qu’on venait baptiser, Les anges protégeaient la petite chapelle. Mais les temps on changé. Le hameau délaissé A vu partir ses fils un par un pour la ville, Et vivant à demi, les vieux au coeur lassé Ont chassé le saint-lieu de leur rêve tranquille
Vibrera-t’elle dis, la cloche à la veillée. Combien s’écouleront d’automnes, de printemps Avant que de revoir la foule agenouillée, Priant dans la chapelle oubliée par le temps.
Renée Jeanne Mignard
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Hiver en Provence
Plus une rose au rosier, septembre l’a dépouillé, L’hiver s’installe déjà, et dans l’âtre tu vois, Brûle le feu de bois. Les oiseaux sont malheureux, et dans le jardin frileux, Pleurent les beaux jours perdus, Le soleil disparu qui ne les aime plus.
Sur la plage déserte enfin, Les mouettes chaque matin dansent un ballet sans fin Avec le sable et les coquillages. Plus de bateaux sur la mer, plus d’hirondelles dans l’air. Parfois le matin très tôt, Seul un vol d’étourneaux perce le gris du ciel. Sur le golfe sans voiliers, les jardins et les halliers, Quelquefois un gros orage En chassant les nuages nous offre un arc-en-ciel.
Calme et monotone comme le bonheur, L’hiver qui frissonne apaise mon cœur.
Chaise-longue abandonnée sur la terrasse mouillée. Laurier-rose qui sommeille Fontaine sans abeilles sous le pin parasol. Est morte la vigne vierge aux murs de la vieille auberge, Les fleurs des bougainvillées Aux graines étoilées reposent sur le sol.
Promenade à pas pressés. Mais croyez-moi je le sais, si mistral vient à passer, Mieux vaut éviter les escapades, A la fin de la journée, du feu dans la cheminée, Toi et moi main dans la main Sûrs de notre demain dans le tiède décor. Et c’est ainsi chaque année, quand la saison terminée, La maison porte fermée comme à l’accoutumée Jusqu’au printemps s’endort.
Calme et monotone comme le bonheur, L’hiver qui frissonne apaise mon cœur.
Renée Jeanne Mignard
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La vieille maison
Ce n’est qu’une maison, et rien qu' une chaumière. Une glycine bleue court sur la vieille pierre. Des roses, des lilas au printemps voient le jour, Et des bouquets de buis se dressent tout autour. On voit devant la porte un vieux banc vermoulu. Mais depuis bien longtemps, nul ne s’y assoit plus. Personne ne vient plus tirer le seau rouillé Du puits abandonné sous novembre mouillé.
Le jardin envahi par l’ortie qui le cerne Ne donne que chiendent, folle avoine, luzerne. Un volet claque au vent quand le temps est en rage. La grille en fer forgé qui grince sous l’orage A depuis bien longtemps perdu gonds et verrous. Du temps qu’elle vivait, vous en souvenez-vous, La maison résonnait de rires et de chants. Qu’elle est triste à présent, sous les soleils couchants.
Naguère, dans la cour, si j’ai bonne mémoire, Accrochée au tilleul pendait la balançoire. Souvent, dans la soirée, sous le ciel des étés, De joyeux cris d’enfants, par le vent apportés, Disaient assez combien les gens étaient heureux Dans la maison modeste, avec ses volets bleus.
Mais le temps a passé, mais le temps s’est enfui. Les enfants ont grandi, chacun d’eux est parti Pour aller vivre ailleurs, au pays d’à côté, Et dans l’humble maison, seul l’aïeul est resté, Qui a vécu un peu, et puis s’est endormi, Tout doux, tout doucement, un soir de mai joli.
Prisonnière depuis de la ronce qui croche, La maison aux yeux clos est là, comme un reproche. Mais j’espère pourtant qu’à la belle saison, Le bonheur reviendra dans la vieille maison. Alors, les soirs d’été, nous entendrons souvent, De joyeux cris d’enfants, apportés par le vent.
Renée Jeanne Mignard
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Maison à la campagne - acrylique de Pierre Coutreau http://coutreau.net
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L'hiver - toile de Angelina Lavernia http://francois.batet.free.fr
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Merci à vous mes amis d'avoir enjolivé mes poèmes.


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