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"Masque" Céramique de Danielle http://perso.orange.fr/poteriededanielle
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"Rêverie" Aquarelle de Dominique Bonavita http://d.bonavita.creations.site.voila.fr/
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La brouille
Ma muse ces temps-ci se montre bien méchante. Raille ce que j’écris, pleure lorsque je chante, Me joue de vilains tours de son invention, Me fait sans volonté, sans inspiration.
Hier à mon réveil, il me vint une idée, Une de ces lueurs que parfois je connais. Je me disais alors, fermement décidée, Oui, celle-là me plaît, elle sera sonnet.
Mais j’avais oublié l’humeur sans bienveillance De ma muse qui prit un air très compassé, Me jeta un regard vide de complaisance, Et me tournant le dos, sortit d’un pas pressé.
"Après tout, peu me chaut de ton aide, coquine. Pour ce poème là, me passerai de toi. Je ne supplierai point, ne serai pas câline. Puisque tu veux partir, éloigne-toi de moi."
L’effet que j’espérais ne se fit pas attendre. Ma muse s’arrêta, stoppée dans son élan, Puis revenant vers moi de son air nonchalant, Me donna gentiment la main d’un geste tendre.
Le calme est revenu après cette journée. Ma muse ce matin m’ouvrit tout grands les bras. Ne soyez pas surpris si la porte est fermée. Ma muse est inspirée, ne la dérangez pas.
Renée Jeanne Mignard
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J'étais….
J’étais un enfant noir, je vivais au Darfour. Qui pouvait savoir où mon pays se situe. Mais il est devenu célèbre en un seul jour. Pour qu’il le soit, il a fallu que l’on me tue.
J’étais un paysan, comme l’était mon père. Je ne demandais rien que grandir au soleil. Comme l’ont toujours fait les enfants de la terre, J’aimais rire, jouer, chanter dès mon réveil.
Alors ils sont venus, ces hommes d’autre part. Les armes à la main ils nous ont massacrés. Nul ne s’est soucié de ceux qui tôt ou tard, Tireront leur profit de ces atrocités. Car il paraît qu’ici, il y a du pétrole. Du moins c’est ce qu’on dit. Je ne le savais pas. Et puis il y a ceux à l’ambition folle. Est-ce donc à cela que je dois mon trépas ?
Pendant combien de temps allez-vous laisser faire ? On m’a dit que là-bas il existait l’ONU. Tandis que sans remords, vous préférez vous taire, Moi je suis couché là, je dors sur le sol nu.
J’étais un enfant noir. Je vivais au Darfour.
10 Juin 2007
Renée Jeanne Mignard
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Toi, mon tourment (Sonnet)
J’ai quêté l’absolu tout au long de ma vie. Ce fut en vain, hélas. Je ne l’ai point trouvé. L’ineffable bonheur dont mon cœur a rêvé S’en est venu trop tard. Vous n’aviez plus l’envie.
Cent fois j’aurais aimé pour tenter sa survie, Vous dire les regrets de tant d’inachevé, Tressaillir au frisson de l’amour retrouvé, M’endormir dans vos bras toute soif assouvie.
Vous m’avez refusé ce bienveillant asile. Au gré de votre humeur fantasque, versatile, M’avez, sans le vouloir, bien chagrinée parfois.
Pourtant je sais qu’un jour, encor lointain peut-être, Vous souvenant alors de nos premiers émois, Viendrez, mon cher tourment, frapper à ma fenêtre.
Renée Jeanne Mignard
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L’envol
Laisse-moi m’envoler vers mon île de rêve, Au rivage doré, au ciel bleu de satin, Aux vagues de cristal qui caressent la grève En mourant doucement sur le sable si fin.
Laisse-moi m’envoler là-haut, sur la montagne, Vers les pics enneigés où dort le bouquetin, Ressentir dans mon corps l’ivresse qui me gagne En respirant l’air pur et léger du matin.
Laisse-moi m’envoler près de la source vive Qui met des perles d’eau dans le creux de ma main. La promesse de l’eau sur ma paume ravive L’envie folle que j’ai d’y revenir demain.
Laisse-moi m’envoler vers l’étoile lointaine Qui là-bas je le sais ne brille que pour moi. Quand je la rejoindrai, consentante et sereine, Chaque jour de ta vie je veillerai sur toi.
Laisse-moi m’envoler, fenêtres, portes closes Loin de ce monde fou, inhumain, sans amour, Pour oublier qu’un jour, au joli mai des roses, Le bonheur m’a quittée sans espoir de retour.
Laisse-moi m’envoler vers mon île de rêve, Vers la montagne bleue, vers la source jolie, Vers l’étoile qui luit, vers l’aube qui se lève. Je t’en prie, laisse-moi m’envoler vers la vie.
Laisse-moi m’envoler tout là-haut….Pour dormir.
Renée Jeanne Mignard
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Mélancolie

"La flambée" photo de Renée Jeanne Mignard

"Reflets sur l'Indre" Photo de Renée Jeanne Mignard
Qu’il est doux de rêver, fenêtres, portes closes, Quand le vent furieux se déchaîne au dehors. Que l’automne apaisant voit se faner les roses, Que l’arbre dans le bois se vêt de pourpre et d’or.
Dans l’âtre qui rougeoie la bûche s’étincelle. Près de la cheminée le fauteuil vide attend. En extase devant le berceau balancelle, La mère va chanter la berceuse à l’enfant.
Le chat s’est étiré. Dans son regard étrange S’attardent les reflets des flammes du foyer. La fontaine aux oiseaux, où buvait la mésange, Sanglote doucement à l’ombre du noyer.
Sur le toit une colombe Pleure l’été qui s’enfuit, Alors que le soir succombe Aux vertiges de la nuit.
Instant délicieux où le cœur se repose, Où l’esprit s’alanguit, où le corps n’a plus faim. Qu’il est doux de rêver dans la maison bien close, Quand l’orage dehors se déchaîne soudain.
Nous n’irons plus au bois des roses Cueillir les fleurs à peine écloses, En nous tenant tous par la main. Nous n’irons pas au bois demain.
Renée Jeanne Mignard
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Heureux
Il existe des gens heureux, Volets fermés, les portes closes, Qui vivent les yeux dans les yeux Leur bel amour fleuri de roses.
Ils n’ont pas le moindre problème, Blottis dans leur intimité, Nul besoin de dire je t’aime, Ils croient en leur sincérité.
Ils privilégient le silence, Car au plus profond de leur cœur, Ils savent que trop d’éloquence, Peut parfois tuer le bonheur.
Pourtant ils ont tant à se dire, Tant à se découvrir encor. Mais ils gardent dans un sourire, Leur mystère, leurs rêves d’or.
Au gré de leur humeur sereine, Ils sont joyeux le plus souvent. Si l’un d’eux ressent de la peine, Autant en emporte le vent.
Qu'importe la saison qui passe. Ils sont sûrs de leur lendemain. Quand à la nuit le jour fait place, Ils s’endorment main dans la main.
Ils vivent une belle histoire. Même s’ils tremblent quelquefois Pris par le doute dérisoire, Rien ne peut éprouver leur foi.
Je sais qu’il est des gens heureux, Portes fermées, les volets clos, Qui taisent les yeux dans les yeux Leur roman d’amour sans échos.
Renée Jeanne Mignard
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La peur
Pourquoi donc cette peur qui devient familière, Les sentiments confus de joie, de désespoir, Les larmes de chagrin qui ourlent ma paupière, Cette mélancolie qui m’étreint chaque soir.
Le printemps qui s’en vient est sans doute propice Aux troubles passagers, au changement d’humeur. Pour certains il est vrai qu’il se fait le complice D’une nouvelle vie, d’un renouveau du cœur.
Comme je les comprends ceux qui par habitude Aiment de-ci, de-là, au gré de leurs désirs. Ils savent mieux ainsi combler leur solitude, N’attendant de la vie que fièvres et plaisirs.
Mais pourquoi cette peur qui devient coutumière Alors que ce matin un enfant m’a souri. Les bourgeons de l’avril naissent à la lumière, Dans un coin du jardin le muguet a fleuri.
Je vais aller marcher sur les berges de l’Indre, Pour retrouver la paix et la sérénité. Il est doux de rêver dans ce décor à peindre. La peur s’envolera de mon cœur tourmenté.
Je revis ce beau jour de ma vie solitaire Lorsque j’ouvris tout grand les portes de mon cœur. Ma réponse, je l’ai, ce n’est plus un mystère. C’est de ne pas savoir aimer qui me fait peur.
Renée Jeanne Mignard
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L'amitié
C'est un sentiment pur, généreux et sincère. L'impérieux besoin de faire don de soi. Une étrange alchimie qui se rit du critère, Une douce chaleur pour le coeur qui a froid.
Elle est tout dévouement et toute tolérance. Elle se fait secret, confidence, pudeur. Elle accepte humblement la moindre différence, Ne connaît pas l'envie, l'orgueil ou la rancoeur.
Elle est riche d'émois et de sollicitude, Dans les jours d'allégresse ou dans l'adversité. Elle oppose aux démons de l'âpre solitude L'ineffable plaisir de la complicité.
Elle reste fidèle à la foi qui l'anime Malgré les avatars de ce monde inconstant. Tout comme le grand cru ou le bon millésime, Elle se bonifie encore avec le temps.
Moment de joie intense et de béatitude Quand sous le grand tilleul, une amie vient s'asseoir, Partage vos élans et votre incertitude, Vos rêves les plus fous, votre plus bel espoir.
C'est un sentiment pur, doux comme une caresse, Qui peut transfigurer un être tout entier. La quête continue de l'infinie tendresse. C'est l'oasis du coeur. c'est elle..c'est l'amitié.
Renée Jeanne Mignard
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"vague fantastique" aquarelle de Claudy http://chezclaudy.com
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"Lumière au bout du tunnel" aquarelle de Claudy http://chezclaudy.com
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Grand merci à vous, amis peintres, sculpteurs et photographes , qui me permettez d'embellir mes vers avec vos oeuvres. " Terre céleste", la musique qui accompagne cette page , est de Michel Pépé : http://michelpepe.com
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Les poèmes de Renée Jeanne Mignard sont la propriété de l'auteur. Tout usage quel
qu'il soit est interdit sans son approbation. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou des ayants droit est illicite et constitue un délit de contrefaçon passible de 3 ans de prison et 300.000 euros d’amende. (Code de la propriété intellectuelle)Loi du 11mars 1957

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