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Tribut

 

Un jour que malgré moi, je cédais à l’ennui,
J’ai relu de Musset les immortelles NUITS.
L’infortuné poète y clame sa souffrance,
Ses tourments, ses  regrets et sa désespérance.

Lui qui éperdument quêta le doux partage,
N’a pu de ses amours éviter le naufrage.
Plaie de l’âme, du cœur, affligeante blessure,
Dont il garda toujours la cruelle morsure.

Poète mal-aimé, qui fis pleurer ta lyre,
Tu connus le chagrin plus qu’on ne saurait dire,
Faisant à l’être cher reproches légitimes,
Exaltant ta douleur en des pages sublimes.

Toi qui dépeins si bien ce que l’amour promet,
Tu n’atteignis jamais les célestes sommets.
Tu dus, le cœur brisé, rendre souvent les armes,
Mais que de purs joyaux nous devons à tes larmes.

Renée Jeanne Mignard

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