Ecoute la plainte obsédante
De la colombe dans le bois,
Le coeur de la forêt mouvante
Que trouble le cerf aux
abois.
Entends la fraîche cascatelle
De l'eau vive du vieux
moulin,
Le cri aigu de l'hirondelle
Dans l'azur d'un matin de
juin.
Vois sur le chêne centenaire
Le jade des nouveaux
bourgeons,
L'opale de l'astre lunaire
Sur les pierres de ce donjon.
Hume l'odeur de la fougère
Après l'orage bienfaisant,
L'étrange parfum de la terre
Quand revient l'automne
apaisant.
Chante la rivière éternelle,
La blondeur des blés dans les
champs,
La splendeur de l'aube
nouvelle,
Les flammes du soleil
couchant.
Aime les brouillards de
septembre,
L'âcre senteur des feux de
bois,
Les frimas du mois de
décembre,
La neige recouvrant le toit.
Si tu ressens toutes
ces joies,
Si tu en as grand appétit,
Alors, il faut que
tu me croies,
Tu seras poète petit.
Renée
Jeanne Mignard